d'où vient ta relation à l'argent ?

Ses aspects collectifs et systémiques

Dans quel système as-tu grandi ?

Que sais-tu du “système” dans lequel toi, en tant qu’individu, tu as grandi ?
Mais aussi, bien au-delà de toi, du système de relation à l’argent sur lequel notre société repose ?

On ne peut pas se voir totalement comme des “îles” isolées les unes des autres, surtout quand on parle de l’argent, cet argent qui circule de mains en mains.

Bien sûr, tu as une famille, un enfant intérieur et une ou des blessures originelles,
bien sûr, tu as tes loyautés, tes croyances, tes mécanismes,
et la plupart des accompagnants sur ce sujet s’arrêteront à TES particularités.

Et évidemment, ça ne sera pas “complet” !

Parce que si on ne s’intéresse qu’à ça, on passe à côté d’une partie énorme de la relation à l’argent : ses aspects collectifs et systémiques.

L’argent, c’est un des “liens” très étendus et puissants que tu as avec le reste de l’humanité.

En réalité, sans que nous ayons à nous en soucier, nous avons TOUS le même fond de relation à l’argent dans ce système, et nous agissons au fil de nos interactions au travers de mécanismes collectifs.

Tu n’es donc pas seul.e avec ta colère, ta culpabilité, ta peur de manquer ou tes petits arrangements avec la réalité de l’argent !

Alors, pour parler de cela, je me suis dit que je pouvais créer un “audio” – et mon mari s’est prêté au jeu de le transformer en conversation, pour que je ne sois pas toute seule devant mon micro, et pas trop tentée de “faire la prof”.

Je t’invite à noter ce qui te questionne, ce qui te fait “tilt”, tes questions : on en reparlera lors de notre premier rendez-vous !

Tu peux écouter l’audio (49′) ou lire le texte ci-dessous, peut-être plus complet, au choix !
À la fin de cette page, tu trouveras quelques propositions pour profiter au mieux de ce que tu as lu/écouté.

D’où viennent tous ces problèmes de relation avec l’argent ?

Tu as grandi dans une société, un milieu social, un environnement culturel, qui t’ont donné énormément d’informations, de croyances, d’automatismes sur l’argent, et l’immense majorité de ce que tu en as appris n’est pas conscient.

Aujourd’hui, c’est avec tout cet inconscient que tu achètes, que tu vends, que tu fais tes choix.

Ce sont toutes ces informations inconscientes au sujet de l’argent qui te “contrôlent”, qui orientent tes choix, etc.

Ce que je te propose, c’est une autre façon de voir l’argent : en allant regarder ce que tu as de commun avec moi, avec nous tous, au sujet de l’argent d’abord.

Parce qu’il y a avant tout un fond collectif, très puissant, qui façonne l’homme depuis des millénaires, et n’a jamais été remis en question.
Contrairement à notre justice, nos façons de nous organiser en société, et même notre rapport à la famille, à la procréation,
notre système monétaire est le même qu’il y a 3000 ans, quand il est apparu dans les sociétés humaines.

C’est sur ce fond que viennent “cristalliser” ton histoire familiale, ses évènements et ses transmissions, l’endroit où tu es né.e, ta culture professionnelle, etc.

Imagine une "montagne d'argent", là, devant toi : tu peux me dire les associations d'idées qui te viennent en regardant tout cet argent ?

Colère, peurs, frustrations, vacances, luxe, corruption, dégueulasse, inégalité, salaire, liquide, cash, angoisses, responsabilité, pouvoir, sans limite, morale…
tous ces ressentis, toutes ces émotions devant cette diversité, on peut se demander comment on en est arrivé là…

Peter Koenig, celui qui a parlé le premier de “relation à l’argent”, disait que cet éventail de pensées au sujet de l’argent montre bien que ce sont des projections, que l’argent n’est rien de tout ça.

Alors, qu’est-ce qu’il est ?

Il est comme l’écran sur lequel tu es en train de lire : un outil que tu allumes, éteins, manipules.
L’argent est neutre, c’est un outil pour faire circuler les richesses, un outil pour transférer des valeurs.

Trois piliers pour les croyances

Notre système monétaire

Tout d’abord, sais-tu comment l’argent est créé ?

C’est quand même drôle que ce soit si “flou”, non ?
En tant qu’utilisateurs ou consommateurs, on “trace” l’origine de tout aujourd’hui, et curieusement avec l’argent : pas la moindre idée, ou si peu !
Un grand trou noir, dont on s’accommode sans sourciller.
Pose la question autour de toi, tu vas voir : c’est sidérant à quel point les réponses sont vagues.
Réponse : dans notre système monétaire, l’argent est constitué par de la DETTE. Autrement dit, la création monétaire est faite ex nihilo.

Comment ça ? 
Tu vas voir ton banquier parce que tu as besoin de 1000€ pour t’acheter un four à céramique.
Le banquier t’évalue (il a des ressources pour ça) puis il prend une décision : OK, il te prête ces 1000€ parce qu’il a CONFIANCE dans ta capacité à CRÉER 1000€ de richesse/valeur – par ton travail – et, à un terme défini, à le rembourser.
En tant que “tiers de confiance”, il émet par ce prêt une dette (une “créance”) : il crée lui-même dans le système 1000€ de “dette” et libère ainsi cet argent pour toi.
Toi, tu vas utiliser cet argent et payer ton fabricant en échange de ton four à céramique.
Ces 1000€ qui sont maintenant mis en circulation sont donc de la dette, à l’image de tout l’argent qui circule dans notre système (entre 97 à 99% pour être exacte, selon les statistiques officielles).
Puis chaque mois, tu rapportes 100€ à ton banquier en remboursement du prêt qu’il t’a accordé. Et lui, il “dé-crée” ces 100€, qui ne circulent donc plus.

Tu me suis ?

Reste un “détail” : les intérêts.
Personne ne crée l’argent ou la monnaie qui servira à régler les intérêts des crédits !
Où vas-tu chercher les 50€ (à peu près) d’intérêts à verser à ton banquier en rémunération du service qu’il t’a rendu ?

Eh bien dans l’argent en circulation, justement.

Pour mieux comprendre ce qui est en jeu, ici, voilà une petite histoire :
L’île des naufragés

Il était une fois 10 hommes qui se retrouvent naufragés sur une île déserte. Ça tombe bien, leurs compétences se complètent, et les ressources de l’île sont abondantes. Jardinier, éleveur, maçon, potier, boulanger s’organisent tant et si bien que la petite communauté pourvoit à tous ses besoins.
Reste un problème : échanger des morceaux de poulets, ou des vêtements contre des sacs de blé, c’est pas si simple.
Puis un homme échoue sur le rivage, avec une caisse. Quand les autres lui demandent ce qu’il peut ajouter à la communauté, il explique son métier : je suis banquier et j’ai de quoi résoudre  vos problèmes d’échanges ! Il se trouve que j’ai 10 000 pièces d’or dans ma caisse : je vais fabriquer 10 000 petits artefacts (qui peuvent être des coquillages, des ronds de cuir, bref, une monnaie, que je vous propose d’appeler des “euros”) et je vous en confierai 1000 chacun : avec ça, vous pourrez dire combien “vaut” (en euros) un poulet ou une table, et vous allez pouvoir commercer sans limites.
Chaque euro est “garanti” parce qu’il correspond à une des pièces d’or que j’ai dans ma caisse.
Et il ajoute :
En échange de ce service, je ne vous demande presque rien :
à la fin de l’année, vous me rapporterez seulement 100 euros chacun !


Enchantés, les naufragés fêtent leur sauveur et les artefacts circulent et facilitent grandement leurs échanges.
Vient la fin de l’année.
Chacun comprend alors que son “pouvoir d’échange” va diminuer de 10%.

Chacun est légitime à désirer le conserver.
La compétition nait : qui va réussir à ne pas diminuer ses échanges TOUT EN GARDANT DE CÔTÉ les 100 euros ?

Il y a tout à coup des riches et des pauvres.
De l’avidité et de la peur de manquer.
La loi du plus fort et l’individualisme.
Les richesses en circulation sur l’île sont restées les mêmes, mais l’argent diminue.

Que dit alors le banquier ?
“pas de problème, je vous re-prête de l’argent !”

Ben si, problème : “pas de croissance infinie dans un monde fini !”

Dans un écosystème limité (l’île, dans l’histoire qui précède, ou notre Terre), ce système monétaire va dans le mur.

Tu vois les conséquences collectives de ce système sur ta relation à l’argent ?

La particularité de notre sytème monétaire

Sais-tu qu’il existe un très grand nombre de systèmes monétaires de par le monde ? (des milliers !)
Que les êtres humains s’échangent des richesses (biens, services) en utilisant des monnaies depuis près de 30 000 ans ?
Que notre système monétaire actuel n’a que 3 000 ans ?
Et qu’il présente une particularité renversante ?
Tous les systèmes monétaires ont en commun ces deux fonctions les plus évidentes, celles qui sont “visibles” :
– étalonner les prix et valeurs : un pain vaut X, une heure de ton travail vaut Y, etc.,
– faciliter les échanges et la circulation des richesses.
Les monnaies coquillages (les petits cauris d’Indonésie), le Wir suisse ou la Roue provençale… l’immense majorité des systèmes monétaires n’ont QUE ces deux fonctions.
Le nôtre, celui qui s’exprime en euros, dollars, yen… possède une fonction supplémentaire : la réserve de valeur.
C’est là qu’entre en jeu un acteur spécialisé : la banque. Lorsqu’elle crée l’argent (en générant une dette, donc), elle garantit que la monnaie que tu utilises a bien une valeur. Elle agit comme un “tiers de confiance”, parce qu’elle a en théorie dans ses caisses (comme le banquier sur l’île des naufragés) l’équivalent en valeur de la monnaie qu’elle vient de te “prêter” et donc de mettre en circulation.
Cette réserve de valeur qui est dans ses comptes, qui ne circule pas, elle la fait fructifier, parce que l’argent qui ne circule pas, dans ce système, fait des petits – l’épargne est récompensée.
Eh oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, NE PAS UTILISER l’argent “rapporte”.
En résumé : notre système monétaire est ainsi fait que tu ne peux pas à la fois faire circuler ton argent et lui faire faire des petits. Faut choisir.
Cette fonction de réserve de valeur, au final, a une conséquence mécanique lourde de conséquences : celle de générer de la rareté.

Ce qui est intéressant, c’est que parmi tous les systèmes monétaires possibles pour échanger des richesses, nous ayons choisi celui-ci, avec ses contradictions, jusqu’à le rendre hégémonique.
Tu vois tout ce que ça implique ?

Pourtant, d’autres “monnaies” sont possibles, il en existe aujourd’hui plus de 5000.

Partout où existent des ressources inexploitées et des besoins inassouvis, une monnaie peut créer les liens qui manquent (comme le démontre Bernard Lietaer dans son ouvrage “Réinventons la monnaie”).

Nous avons l’habitude d’associer la monnaie à l’État, mais il suffit d’une association pour créer une monnaie.
Il existe des monnaies locales (la Roue en Provence, le Sol à Toulouse…), des “dollars temps”, des systèmes entre commerçants, entre entreprises (comme le Wir en Suisse, depuis 70 ans !).
Le principal atout de ces autres monnaies : elles ne peuvent pas faire l’objet de spéculation, ou d’épargne.

“Fondantes” (leur valeur diminue avec le temps), elles circulent beaucoup plus vite et soutiennent des “valeurs” : promouvoir l’économie locale, consolider les fonds de roulement des entreprises, favoriser l’entraide…

Elles sont donc un splendide atout de résilience pour notre économie !
Alors ?

Notre système actuel favorise les valeurs “yang” – le ‘faire”, le raisonnement, l’individu, la hiérarchie, la compétition – et l’intérêt à court terme.
Les monnaies complémentaires, elles, sont très “yin” et là où elles se développent, le bien-être économique, le lien social, la place des femmes, l’investissement et la confiance augmentent de façon significative – cf. l’expérience menée par la ville de Bristol UK depuis quelques années.

C’est la vocation même d’une monnaie, ce côté yin, circulant, inclusif !
Plus que cela, à mesure que notre système monétaire s’est imposé dans le monde, les représentations d’un archétype très puissant ont disparu : celui de la “déesse-mère”, symbole de fécondité, de lien entre les humains et avec la nature.
Cette rupture d’équilibre entre le yin et le yang favorise le “masculin toxique” de notre civilisation dont souffrent tant d’hommes et de femmes aujourd’hui.
Tiens, je te lance un défi : trouve-moi un personnage de femme très connu, réel ou imaginaire, qui tirerait sa puissance de ses forces féminines !

Nous voilà donc avec un fond commun d’avidité, de peur de manquer, de compétition et de défiance, de “loi du plus fort” ou du plus malin (celui qui sait le mieux servir… ses intérêts !).
Et comme on a tous au fond envie d’être heureux,
eh bien on “oublie” ces ressentis et émotions désagréables au fond d’une grande marmite qu’on porte en nous.

Notre civilisation judéo-chrétienne

Que tu sois croyant.e ou pas, pratiquant.e ou pas, tu as acquis les normes et fonctionnements de notre civilisation judéo-chrétienne : tu es hyper entrainé.e à ne pas vivre dans ton corps, à réprimer tes désirs, tes pulsions, tes besoins, tes rêves, ta puissance, et tout ce qui te rend unique.

“Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front”

D’abord parce que c’est “normal” que la vie ici-bas soit dure, voire violente, puis parce que le bonheur, le repos et la grâce, c’est “dans l’au-delà”, si tu es sage – c’est-à-dire si tu es suffisamment maître de tes pulsions, si tu parviens à ne pas exister pour toi-même.

Le corps est devenu pour ainsi dire le “véhicule” de notre cerveau.
Un corps bien encombrant d’ailleurs, avec ses besoins, ses ressentis, ses émotions qu’on apprend à maitriser, à contrôler parce que c’est “mal” !

Tout ça se retrouve dans notre rapport à l’argent, parce que l’argent circule de main en mains pour satisfaire, justement, nos besoins vitaux (un toit sur la tête, de quoi se nourrir…), mais aussi tous les autres, et nos rêves, nos projets, nos désirs.

Notre relation à l’argent est bien dans le même “univers”, à la même place dans notre vision du monde que notre corps : il ne faut pas trop l’écouter, pas trop le regarder, pas en prendre soin, pas se responsabiliser à son sujet (et s’en remettre plutôt à notre médecine allopathique).
D’ailleurs, on est autant victimes de l’argent qu’on est “victimes” de nos maladies : on attend des remèdes extérieurs venus d’experts, comme les médicaments qu’on achète.

Alors, tu t’imagines victime de ton hérédité, de ton environnement, du gouvernement, du patron, sans t’imaginer que tu peux reprendre en main ce qui t’arrive.
Tu prends vite le pli de croire que c’est l’argent (symbole) qui est responsable de tous tes bonheurs et de tous tes malheurs.
Pour beaucoup de personnes qui viennent à moi, l’argent se trouve entre eux et leur bonheur, la faute à “pas de chance”.

À ce stade, la marmite devient une cocotte minute : ce qui bouillonne au fond monte en pression, et tu visses le couvercle de façon étanche pour ne plus être en contact du tout.

Notre cartésianisme et comment nous devenons des "cerveaux sur pattes"

Par dessus ça, Descartes, philosophe du 17ème siècle, énonce “Je pense donc je suis” et initie un courant qui avait déjà un terreau favorable : ce qui est beau, bon, valable, c’est la pensée, le raisonnement.
Avec “je pense, donc je suis”, ce n’est plus seulement la foi qui relègue le corps sur un plan inférieur – et à contrôler, c’est aussi la pensée. Le corps disparait.
On “croit” et on réfléchit désormais bien davantage qu’on n’expérimente :

Nous voilà devenus des “cerveaux sur pattes !

Un magnifique terrain pour nos “croyances” au sujet de l’argent.

  • L’argent c’est sale
  • Ça pousse pas dans les arbres
  • Il faut travailler dur pour gagner sa vie
  • Tout se paye
Tout ça, tu ne l’as évidemment pas expérimenté par toi-même, mais au fond de toi, tu y crois.

Et puis il y a une très grande colère au sujet de l’argent : on le perçoit comme “circulant” mais une grande part de nous sait qu’il ne tient pas complètement cette promesse.

Le discours social au niveau de l’argent nous dit :

  • Si t’es pas riche t’y peux rien.
  • Si tu es fonctionnaire (ou artiste, ou…) tu seras mal payé toute ta vie.
  • Il n’y a que deux moyens pour gagner suffisamment d’argent et ne plus en avoir besoin c’est soit de gagner au loto, soit de naitre riche.
  • Si tu nais pauvre, c’est comme ça.
  • Il y a les riches d’un côté et les pauvres de l’autre et ça ne se mélange pas, certains peuvent se payer + que ce dont ils ont besoin, et plus que ce dont ils auront jamais envie, et d’autres qui ne peuvent pas se payer de quoi manger.

 

C’est extrêmement légitime d’être en colère avec ça, avec le fait que l’argent, ça ne circule pas si bien entre les humains 

Sortir de l’ignorance par rapport à ça, ce serait remettre en question tout notre ordre social, notre société de consommation, les rapports de pouvoir.

Aujourd’hui, une grande part de ce que nous projetons sur l’argent est lié à cette colère.

Comme on a pas envie de passer sa vie à être tout le temps en colère, on met la colère dans la cocotte minute.
Et on donne un tour de vis supplémentaire.

Fabienne Dupuij changer la relation à l'argent

Retour au réel : par quoi commencer ?

1 / Souviens-toi que tu as un corps

Ce n’est pas ton cerveau qui “possède” un corps : Il n’y a qu’un corps, avec un cerveau à l’intérieur.
Ton corps, lui, est en contact avec le monde réel, par les 5 sens notamment, et par d’autres sens, intérieurs, qui te disent si tu as faim, froid, soif, ou qui te donnent des informations sur ce que tu vis : les émotions par exemple !
Alors avec toutes celles qui sont dans la cocotte minute, tu as un peu de mal à les écouter, les émotions, celles qui surgissent au gré des évènements de ta vie : tu as vite l’impression que si tu laisses échapper quelque chose, derrière il y a une pression de dingue ! Tu t’es construit une carapace, plus ou moins poreuse.

D’ailleurs, c’est comme ça que si jamais tu te cogne le gros orteil sur le pied du lit au réveil… tu enchaines facilement les petites contrariétés,
et tu finis la journée avec une grosse angoisse…  au sujet de tes comptes !

Une petite contrariété, une émotion désagréable et c’est comme si tu soulevais la soupape de la cocotte minute, tout ce qui y est enfermé, s’échappe : avidité peur de manquer, culpabilité, intérêt, nécessaire compétition, individualisme de survie, colère… 

2 / Apprends à écouter tes émotions

Une émotion a pour fonction de te donner une information.

Information que bien souvent tu ignores, refoules, ou bien que tu “mentalises” : tu rajoutes une couche d’explications, d’interprétations ou de jugements par dessus, au lieu de simplement te laisser traverser par son intensité.
Du coup, elle se re-présente jusqu’à ce que tu l’écoutes.

La colère, par exemple, lorsqu’elle est écoutée, t’invite à poser tes limites ou tes valeurs. Elle te dit qu’on a foulé tes plate-bandes et te donne l’énergie pour t’affirmer avec simplicité.
Si elle est refoulée, tu finis par craindre qu’elle ne s’échappe, tu bouillonnes et si tu t’exprimes, c’est un peu trop fort.

Que te donne la peur comme information ? 
La nécessité de te mettre en mode survie : courir très vite pour te mettre à l’abri, frapper ton adversaire. La réponse du corps c’est d’envoyer beaucoup de sang dans le coeur, les muscles et le cerveau pour trouver une réponse à l’extérieur. 

Les peurs psychologiques (ou mentales) sont fabriquées par nos croyances, notre éducation etc. Elles ne sont pas moins fortes et ont elles aussi une information à transmettre.

Aujourd’hui, tes peurs sont essentiellement des peurs psychologiques (dont la fameuse “peur de manquer” qui nous est commune).
Et nous nous précipitons vers les solutions extérieures que nous offre la société de consommation : “viens donc ici acheter du bonheur, de la sécurité, de la confiance en toi, de la puissance…”

La boucle est bouclée : traversé.e de l’intérieur par tes pensées, tes croyances, tes émotions, non conscientes tu dépenses, achètes et investis sans conscience et c’est l’argent (plus exactement ce que tu crois sur l’argent) qui te contrôle.

La seule réponse à une peur étant l’action “juste”, celle qui te met “hors danger” quand il s’agit de la peur de manquer par exemple, l’action juste c’est d’observer la réalité : faire tes comptes par exemple !
Si à la place tu vas t’acheter une babiole, tu vas ressentir un soulagement (puissance, défi, rébellion, autruche…), mais il ne sera que provisoire.

3 / Observe la réalité

Lorsque tu commences à observer la réalité, tu crées un “raccourci” : tu ne regardes plus la réalité “à travers tes croyances” mais en direct !

Et l’argent est un outil que tu peux observer dans la réalité : comment tu l’utilises réellement ?

Oui, c’est un outil, c’est pas un objectif !
Si tu veux aller à Paris, Paris est l’objectif, ta voiture (ou le train, un vélo, tes pieds), c’est l’outil.

Et un outil, tu en prends soin, comme tu recharges ton smartphone quand il n’a plus de batterie, comme un plâtrier nettoie ses truelles et ses bassines tous les jours, toi, tu apprends à t’occuper de ton argent.
Et pour ça, il y a un mode d’emploi.

Observer le réel, c’est “savoir” et prendre conscience que chaque centime que tu dépenses tu le fais pour nourrir un besoin, tu choisis de le dépenser.

Donc tu vas t’entrainer à regarder chaque centime que tu dépenses – et que tu gagnes : tu vas te renseigner sur tes choix, tu vas en prendre la responsabilité !
Tu vas le noter, chaque jour.
Pourquoi chaque jour ?
parce que comme ça tu vas réduire le temps entre le moment ou tu fais ce choix et le moment ou tu en prends la mesure, 
Et tu vas regarder, à chaque fois, ce qui se passe en toi.
sans jugement, sans interprétation :
“ah tiens, pourquoi j’achète ce T-shirt bleu et pas le débardeur rouge, cette huile et pas celle là ?”

Et c’est là que tu vas pouvoir te servir de tout ce que je viens de te partager : observer ces ressorts que sont l’avidité et la peur de manquer quand tu es dans une transaction, prendre conscience des colères, des peurs, ne plus te laisser mener par elles, juste écouter, en prendre conscience, apprendre ce qui a laissé des traces en toi.

Tant que tu n’apprends pas le côté “outil”, tu restes perché sur les projections, les croyances, les émotions qui sont là dans ta cocotte minute.

4 / Expérimente de nouvelles façons de faire

Dans cet accompagnement, tu apprends le mode d’emploi, tu deviens capable de choisir “en dehors” de tes mécanismes, tu en crées d’autres avec ton expérience, et tu prends le pouvoir consciemment sur ta vie “réelle”.

et maintenant, je t'invite à :

Pour mieux ancrer ce que tu viens de lire / écouter,  je te propose de prendre papier et stylo et de noter ce qui émerge pour toi.
Tu peux t’aider de ces questions 😉

• Qu’est-ce que ça te fait de comprendre que le banquier crée l’argent parce qu’il t’accorde un crédit et qu’il a confiance dans ta capacité à créer de la valeur (pour lui rembourser le prêt) ?
• Que pourraient faire les naufragés, une fois qu’ils ont compris l’utilité d’échanger au moyen d’une “monnaie” ET  les limites du système proposé par le banquier ?
• Qu’est-ce qu’il y a dans ta marmite à toi ? Qu’as-tu reconnu en tout cas ? 
• Imagine une société dans laquelle les notions de profit, d’intérêt ou de spéculation ne sont plus valorisées : Quels métiers disparaissent ? Quelles situations deviennent obsolètes ? Quel impact, dans tes relations avec les autres ? (Mon exemple favori : il n’y aurait plus besoin “d’obsolescence programmée” : chaque objet, chaque construction serait conçue pour être belle et infiniment durable, avec très peu d’impact environnemental !)
• Peux-tu retrouver un ou plusieurs exemples de situations où tu sens bien que c’est une émotion pas très consciente qui a guidé un choix (une dépense, une réponse, …) ?

Exemples : j’ai craqué pour une jolie lampe un jour ou je me suis disputée avec X ; Je n’arrive pas à dire non au déjeuner hebdomadaire avec les collègues parce qu’ils croiraient que je n’ai pas assez d’argent ou que je suis radine ; etc. 

Et pour aller plus loin, quelques articles sur le blog, et une vidéo !

à très vite 🙂

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