Le mythe de l’artiste maudit : pour changer de vie il faut choisir nos mythes

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le mythe de l'artiste maudit, toujours d'actualité
pomplamoose

Le groupe Pomplamoose a soulevé une grande polémique cet automne aux Etats Unis en dévoilant les chiffres de sa tournée en 2014. Traités d’imposteurs par une partie de la communauté artistique à laquelle ils appartiennent, parce qu’ils ont créé une société qui leur permet de lever des fonds auprès de leurs fans afin de produire leurs disques, ils sont dénigrés par les médias parallèlement car ils “échappent” à la pauvreté dans laquelle on aimerait les voir rester. Ils ont eu l’insolence de s’extraire de l’image dans laquelle la société accepte leur présence : saints et martyrs, purs et pauvres ! Le mythe de l’artiste maudit est toujours d’actualité…

Bref rappel des épisodes précédents

Nous sommes toujours sous l’influence de l’image qui se répand au début du 19ème siècle de l’artiste maudit, battant le pavé et crevant la faim, marginal menant une vie sans règles en quête d’idéaux, d’art et de gloire. Il est rebelle, revendique la liberté de penser et son quotidien précaire : “La vie de bohème” ! Il est associé aux bohémiens pour sa vie de “saltimbanque”, irrégulière et sensuelle, dinant tard avec ses amis et faisant grand bruit…
Asocial et un peu mystique, il refuse d’être un “vendu” et vit mal sa dépendance par rapport au providentiel “riche acheteur”.
Bien avant, Denis Diderot (18ème siècle) disait déjà : “Au moment ou l’artiste pense à l’argent, il perd le sentiment du beau” ;
Et Kant, son contemporain : L’art relève davantage d’un jeu ou d’un plaisir que d’un travail à proprement parler : on travaille pour gagner de l’argent, et c’est parce que le produit de notre travail va nous permettre de gagner de l’argent que nous acceptons le travail et que nous acceptons de fournir l’effort qui lui est associé. Même si l’art est une activité productrice, cette production peut être appelée «libre».

Et encore avant, Jean de la Fontaine au 17ème siècle écrivait “La cigale et la fourmi” :
Si on sent bien de quel côté l’auteur est moqueur, on retient tout de même que la fourmi, réaliste, prévoyante, travailleuse et riche de nourriture, donne des leçons (“et bien dansez maintenant”) – alors que la cigale, artiste et bohème, irresponsable, “fait la manche”.
Belle leçon sur la prévalence de l’épargne sur la dépense, de l’accumulation sur le partage, de l’économie et de la gestion sur l’art ou l’esthétique, du travail acharné sur la jouissance du temps présent.

Une longue tradition encourage donc les uns et les autres à considérer qu’être artiste, c’est pas un travail, augmentant un peu plus encore pour ceux-ci le poids des préjugés que nous partageons déjà si volontiers, inconsciemment et collectivement :
– toute peine mérite salaire
– il faut travailler dur pour gagner sa vie
– l’argent ne fait pas le bonheur
– on ne peut pas tout avoir dans la vie

Un nouveau scénario ?

Alors donc, on ne deviendrait artiste qu’en sacrifiant délibérément le confort d’une vie sereine sur l’autel des idées et de l’art ?

Le “feu intérieur” et le besoin d’exprimer le monde tel qu’on le perçoit seraient suffisants pour se chauffer et se nourrir ?  Ecrire, composer, mettre en scène, interpréter, peindre, … monter des décors ou des lumières, ça ne serait pas un travail ?
Avec une pareille “programmation”, difficile d’ouvrir ses ailes et d’avoir des relations harmonieuses et pragmatiques avec son compte en banque !
Il est temps de faire un petit “reset” : pour changer de vie il faut choisir nos mythes.

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